Le bilan ergothérapique est une évaluation détaillée des capacités fonctionnelles et occupationnelles d’une personne dans son environnement habituel. Qu’il s’agisse d’enfants présentant des troubles des apprentissages, d’adultes en situation de handicap ou de seniors cherchant à prévenir la perte d’autonomie, cette démarche offre une photographie précise du fonctionnement quotidien.
Qu’est-ce qu’un bilan ergothérapique et pourquoi le réaliser ?
L’ergothérapeute analyse l’adéquation entre les capacités d’un individu et les exigences de ses activités quotidiennes. Contrairement à un examen médical focalisé sur la pathologie, l’ergothérapie adopte une approche holistique centrée sur la personne et son mode de vie. Ce bilan permet d’identifier les causes précises des difficultés rencontrées, qu’elles soient d’origine praxique, sensorielle, motrice ou cognitive. Il sert également à objectiver les besoins en aides techniques ou en aménagements du domicile et du poste de travail. En définissant des objectifs thérapeutiques réalistes, le praticien facilite la coordination avec les autres professionnels de santé, tels que les orthophonistes ou les kinésithérapeutes. Pour les familles, cette évaluation apporte des réponses concrètes sur des troubles parfois mal identifiés, tout en offrant une feuille de route claire pour les interventions futures.
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Le déroulement pratique : des démarches initiales au compte-rendu
Un bilan d’ergothérapie nécessite une préparation rigoureuse. La durée totale varie selon la complexité du cas, s’étendant généralement sur deux demi-journées, pour un total de 3 à 5 heures d’évaluation active.

La phase d’anamnèse et l’entretien
Tout commence par un entretien approfondi avec le patient ou ses représentants légaux. Cette étape permet de recueillir l’histoire de vie, les antécédents médicaux et les attentes actuelles. Il est recommandé de transmettre les bilans antérieurs, les dossiers médicaux ou les comptes-rendus scolaires au moins une semaine avant la première séance. Cette préparation permet au professionnel d’étudier le contexte avant la rencontre.
La passation des tests et l’observation clinique
L’ergothérapeute soumet le patient à diverses épreuves standardisées. Ces tests évaluent la motricité fine, la motricité globale, la planification gestuelle, ainsi que les fonctions cognitives comme l’attention ou la mémoire de travail. L’observation clinique est ici déterminante : au-delà de la réussite ou de l’échec à un test, le praticien analyse la posture, la fatigue, la motivation et les stratégies de compensation utilisées par le patient. Chaque épreuve sert de jauge pour estimer le niveau de fonctionnement. En observant l’adaptation face à une tâche complexe, le praticien identifie le seuil où la compensation devient trop coûteuse en énergie, révélant ainsi les zones de fragilité nécessitant un accompagnement spécifique.
Comprendre les résultats : l’interprétation des scores
L’utilisation de tests normés, tels que le BOT-2 ou le MABC-2, permet de comparer les résultats du patient à ceux d’une population de référence du même âge. La lecture des résultats s’appuie sur trois indicateurs principaux expliqués lors de la restitution :

La déviation standard (DS) indique l’écart par rapport à la moyenne. Environ 66 % de la population se situe entre -1 et +1 DS. Un score inférieur à -1,5 ou -2 DS signale une difficulté significative nécessitant une rééducation. La note standard, généralement comprise entre 1 et 19, permet de situer la performance, la moyenne se situant entre 8 et 12. Enfin, les rangs percentiles représentent le pourcentage de la population obtenant un score inférieur ou égal. Un score situé en dessous du 16e percentile est considéré comme inférieur à la norme, tandis qu’en dessous du 2e percentile, il est qualifié de très inférieur. Ces chiffres ne sont jamais interprétés isolément, mais toujours mis en perspective avec les observations qualitatives du praticien pour garantir une vision personnalisée.
L’articulation multidisciplinaire
Le bilan ergothérapique s’inscrit souvent dans un parcours multidisciplinaire, notamment pour les troubles spécifiques des apprentissages comme la dyslexie, la dyspraxie ou le TDAH. Environ 20 % des enfants accueillis dans des centres spécialisés bénéficient d’un bilan coordonné entre plusieurs disciplines. Cette approche évite la multiplication des examens inutiles et assure une prise en charge cohérente. Le médecin prescripteur joue ici un rôle de pivot. Sur la base des conclusions du bilan, il valide la nécessité de séances de rééducation régulières et coordonne les échanges entre les différents rééducateurs de ville ou hospitaliers.
Informations pratiques sur le parcours de soin
La question du coût et du remboursement est fréquente. Bien que les séances d’ergothérapie ne soient pas toujours prises en charge par la Sécurité sociale en libéral, de nombreuses mutuelles proposent des forfaits annuels. Il est conseillé de contacter sa complémentaire santé dès l’obtention du devis. La prescription médicale est un prérequis indispensable pour entamer toute démarche. Les résultats sont transmis sous forme d’un compte-rendu écrit détaillé, remis lors d’une séance de restitution orale. Ce document constitue un outil précieux pour l’école, dans le cadre d’un PAP ou d’un PPS, ou pour l’employeur lors d’un aménagement de poste. L’ergothérapeute veille à créer un climat de confiance, en adaptant le rythme aux besoins du patient pour que l’évaluation reste une expérience constructive.
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